Je marche sur une longue passerelle étroite... Un geste maladroit et je chute dans l'abysse. Mes ailes mutilés m'enpéchent de fuir, soit je continu soit j'abandonne... Continuer cet infernal combat contre moi-même, je suis épuiser... une petite voix aigue,glaciale m'incite a me laisser aller, juste une minute... Mes yeux se ferme malgré moi...
Encore ce rêve. Je me réveille en sueur les larmes aux bord des yeux. Machinalement je me lève et saisie mon paquet de cigarette et un briquet. Il faut que je pense a en acheter un autre. Je sort silencieusement de ma chambre en prenant garde de ne réveiller personne en marchant sur la pointe des pieds, je fais un passage bref dans la salle de bain. Cette lame devrait faire l'affaire. Je déteste cette porte, elle grince. J'ai l'habitude, en douceur je la pousse et la fraîcheur de septembre me frôle déjà. Je ne frissonne pas. En moi il fait bien plus froid. Le reflet blanchâtre de la lune me guide bien que je connaisse le trajet sur le bout des doigt. J'y suis enfin. Mon corps s'effondre contre la pierre glaciale. Je ne retient plus mes hoquets de douleur, les larmes ne coulent pas, depuis longtemps elle ne coulent plus. Presque amoureusement la lame de rasoir épouse mon poignet mutilé, reflet de mon mal. Un flot de sang coule, je ne tressaille plus. Ma veine gonflé n'est pas loin et me tente sournoisement. Je ferme les yeux et une brise légère me caresse le visage. Des pensées surgissent dans ma tête et une larme s'échappe et en entraîne les autres. Il me faut de la nicotine, comme dernier secours. Un brouillard s'installe dans mon esprit, tout disparaît, brouillés de plus en plus. Les yeux clos, je me laisse aller. Lorsque je me force a les rouvrir le spectacle du lever de soleil s'offre a moi. Je m'en fou. Stupide soleil pourquoi tu ne t'enfuis pas? Attends-tu de te faire polluer toi aussi? Il faut vite que je rentre chez moi avant que mes parents se lèvent. Pourquoi devrais-je me dépêcher d'ailleurs, je suis sure sue ils ne remarqueraient même pas que je ne suis pas a la maison! Je prend donc mon temps. Regarde mon poignet avec un léger rictus puis me relève. Même rituel arrivée de la porte, puis d'un pas lourd je remonte dans ma chambre. Mon portable affiche 6h00. Je me traîne vers la salle de bain pour prendre une douche. J'aime le contact doux de l'eau sur ma peau. Je pourrais rester des heures comme sa. Mes plaies nouvelles me brûlent mais je n'y fait pas attention. A regrets je ferme les robinets et m'habille. Je me fixe dans le miroir, je ne m'aime pas. Des énormes cernes entourent mes yeux, conséquence irrémédiable du fait que je ne dort plus. J'entend mes parents se réveillés, je descend rapidement. Je n'ai aucune envie de les voir. Quitte a être en avance, j'empoigne mon sac et sort en trombe. Mon arrêt de bus est juste a coté, j'aurais du prendre une veste il fait plus froid que cette nuit. A ma grande surprise il y a déjà une personne. D'habitude de ces heures la, il n'y a que moi. Je m'avance interdite et me rend compte que c'est une fille. Elle a l'air plongé dans ses pensées, je n'ose m'approcher plus. Au bout d'un petit moment, elle tourne enfin la tête vers moi et affiche une expression de surprise. Elle rompt le silence avant que je n'ai pu faire quoi que se soit.
- Salut, dit-elle d'une petite voix
- Salut répondis-je
- Je pensais être la seule ici de ces heures ci reprit-elle avec un léger sourire
- Moi aussi! Je lui rendis son sourire
- Tu vas au lycée de l'Arche?
- Oui je rentre en 2nd et toi?
- Pareil
- Ok, qu'es ce que font deux futur lycéennes une demi heure en avance sur leur bus en plaine cambrousse par un jour de septembre? Dis-je le regard interrogatif
Elle a l'air amusé par ma remarque et ne tarde pas a répondre.
- Sachant qu'une d'entre elles est complètement paumé vu qu'elle est nouvelle dans ce joli petit bled
- Intéressant, a mes heures perdues je suis guide cela vous intéresse très chère? Répondis-je amusé
- C'est si gentiment proposé dit-elle en retenant un rire
- Ah j'oubliais moi c'est Chloé
- Enchanté Chloé moi c'est Amandine dit-elle en prenant un air soutenue
La je ne peux plus retenir, je laisse filtré un petit rire. Sa me fais bizarre. La dernière fois que j'ai vraiment ris remonte! Pour la première fois depuis longtemps je ne me force pas. Le bus arrive déjà. On a décidé que ce soir je lui ferais découvrir un peu le coin. Nous montons a l'intérieur du car et je suis surprise, agréablement d'ailleurs, quand elle s'assoit sur le siège a coté de moi. Je regarde dehors collant mon front sur la fenêtre, l'année commence bien.